J’ai remarqué un truc.

Dites à tout le monde que vous avez deux mains gauches et personne ne s’étonnera que vous cassiez un verre. Ce sera juste normal pour quelqu’un qui a deux mains gauches.

En revanche, dites à tout le monde que vous êtes un conférencier reconnu mais avouez un tract face à une prochaine intervention. Beaucoup s’en étonneront.

C’est un fait prouvé.  Nous sommes finalement ce que nous disons.
D’ailleurs Aristote à son époque disait déjà « nous sommes ce que nous répétons sans cesse ».
Imaginez-vous faire confiance à quelqu’un qui avoue sans cesse ne pas avoir confiance en lui ?

Alors pourquoi les gens s’attendent à ce que ce soit différent avec un enfant ?

Pourquoi s’exclamer (souvent sur un ton agacé) « mais c’est pas possible, fais attention !! » dès lors qu’un enfant tente un apprentissage mais le rate.
N’est ce pas un moyen de lui couper toute herbe sous le pied ?
A chaque fois, il risque seulement de confirmer sa maladresse (ou pire, ne tentera plus rien), pour se conformer, inconsciemment à l’image qu’on a de lui.

Pourquoi est ce qu’à chaque fois qu’un enfant prend un peu de temps avant de dire bonjour à des inconnus, ces derniers masquent leur malaise par un « oh faut pas être timide ! »

A chaque fois que j’entends ça, je pense à ces enfants, me disant que je n’aimerais pas être mise face à une assemblée, présentée comme timide donc potentiellement incapable de parler naturellement. D’ailleurs, littéralement, selon Larousse, timide signifie « qui manque d’assurance ou de hardiesse dans ses actes, ses décisions, ses opinions »

Ca ne vous rappelle pas quelque chose, l’idée d’un enfant maladroit ?

Je vous laisse imaginer l’impact d’une phrase pourtant anodine et tellement répandue

« mais t’es bête ou quoi ?! »