Le financement participatif, en anglais “crowdfunding”, est un financement par la foule.

Enfin ça, c’est le principe.
Le concept consiste à présenter un projet sur une plateforme (il en existe de nombreuses, certaines spécialisées) et ceux qui croient au projet apportent un soutien financier, de quelques euros à plusieurs centaines d’euros. Pour les remercier de leur soutien, les porteurs de projet peuvent prévoir des contreparties, du simple “merci” publié sur site, carte postale ou mur, à des cadeaux de fou, en passant par des exemplaires de produit parfois même dédicacés.

Parce que c’est ça le financement participatif, des passionné(e)s qui sollicitent un soutien et des contributeurs (souvent aussi passionné(e)s) qui soutiennent l’entrepreneuriat car ils croient au changement.

Ca c’est le principe aussi. La réalité est parfois différente.

Attention, si tu es entrepreneur(e), qu’il est 2h du matin et que tu as déjà le moral dans les chaussettes, arrête tout de suite la lecture de cet article, va te coucher et garde la foi, l’économie française a besoin de toi !

Pour les autres, ou les entrepreneurs qui n’écoutent rien (c’est bien connu d’ailleurs), voici mon expérience du financement participatif.

Bon déjà, les différentes plateformes  te recommandent de solliciter d’abord ton entourage, le premier cercle comme on l’appelle.
Problème, vouloir changer le monde c’est faire un peu différemment, casser les codes, vouloir “disrupter” l’économie et souvent quand tu as de tels rêves, tu passes déjà un peu pour un fou dans ton entourage alors le solliciter peut s’avérer être un exercice plutôt périlleux.

Soit. Qu’a cela ne tienne, il parait que lorsqu’on a une vision, il faut garder le cap. Je lance donc ma campagne de financement participatif.

Le montant

Je n’ai pas une ambition énorme, je fixe un premier pallier à 3.000 € (autant dire, une petite goutte d’eau dans la création d’entreprise) mais avec l’espoir de fédérer une vraie communauté.
C’est vrai, à partir du moment où il n’y a pas de plafond, j’aime à penser que « tout est toujours possible ». Et puis, quand tu es un peu écolo et que tu rêves d’un monde meilleur, tu connais la légende du colibri

Ainsi, je décide enfin de me lancer, pleine d’enthousiasme.
Et là, on te ramène un peu à la réalité. Ton projet est étudié avant sa mise en ligne. Jusque là, rien d’anormal, c’est même plutôt une aide bienvenue. Sachant que la plate forme touche un pourcentage uniquement si la collecte atteint ou dépasse son but, ils ont tout intérêt à ce que ta campagne soit un succès. On peut donc te demander de préciser certains points, vérifier la pertinence de certaines contreparties ou te demander d’expliquer ton plan de communication envisagé.

Car c’est là que tout va se jouer.

La communication.

COM-MU-NI-CA-TION, rentre toi bien ça dans le crâne.
On le sait, ce n’est pas un secret, la communication est essentielle.

Du coup, tu as 2 options :

  • Soit « solliciter vraiment ton premier cercle », autrement dit spammer, harceler, contacter ta famille et tes amis pour leur dire qu’ils te manquent beaucoup, que tu aimerais bien les voir mais que tu ne peux pas car tu as justement un super projet blablabla…
  • Soit communiquer au sein de ton réseau.

Et là le conseil « une campagne de financement participatif se prépare longtemps à l’avance” prend tout son sens. Tu aurais peut être dû travailler ton réseau en amont.
M’enfin, quand tu es idéaliste tu veux changer le monde, tu n’aimes pas forcément faire les choses par intérêt.

Et puis finalement, ton réseau, c’est quoi ? Les gens qui te suivent, ceux qui te connaissent, ceux que tu as en «ami » sur facebook ?

Là c’est pareil, tu auras plusieurs options :

  • Ceux qui t’ajoutent en ami uniquement pour te faire aimer leur page
  • Ceux que tu as déjà aidé mais qui ne s’en rappelleront jamais (coucou les gens!)
  • Ceux qui ne comprendront même pas ta démarche
  • Ceux que tu connais, avec qui tu as partagé de vrais moments mais qui auront piscine ou poney pendant ta campagne (il y en a même qui auront aqua poney, si si, je t’assure c’est possible)
  • Ceux qui te voient comme un danger, un potentiel concurrent, qui ont peur de la place que tu pourrais prendre
  • Ceux qui attendent de voir que justement ta campagne est un échec, que ton projet sera un échec et qui de toute façon ne voient que l’échec (parfois sans voir le leur)
  • Ceux qui au contraire ne voient que la réussite (attention, ne va pas croire que ceux là t’aideront plus, non, ils trouveront juste inutile de participer pour que tu te fasses des c**** en or, sans voir le travail et les sacrifices accomplis mais là n’est pas le sujet)

Oui prépare toi petit entrepreneur, parce que tu vas morfler.
Tu vas subir des critiques (j’en ferais peut être un article) mais tu recevras aussi des messages de soutien. Et puis même s’il ne se passe rien, ce sera l’inverse dans ta tête, crois moi, vive les montagnes russes émotionnelles.

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La durée

On conseille généralement une durée de 45 jours en moyenne pour une campagne de financement participatif. En tant qu’entrepreneur qui n’écoute rien, j’ai fait le choix d’une durée de 30 jours. (autrement dit, j’en suis à la moitié au moment où j’écris cet article)
Parce que j’ai voulu tester l’intérêt du public pour le concept, parce que j’ai eu espoir de fédérer une communauté, parce que j’aime les défis et que je suis peut être un peu folle.

Alors voilà, j’ai intitulé cet article « comment foirer sa campagne de financement participatif » non pas pour parler d’échec, puisque de toute façon l’échec ne veut rien dire.  C’est comme un enfant, quand il se met à marcher il tombe. A chaque nouvelle chose, on prend le risque de devoir faire plusieurs tentatives.
Mais ce que je voudrais dire à toi entrepreneur qui lit ces lignes (parce que tu cherches peut être des conseils pour réussir ta campagne de financement participatif, si je réussis, promis, je t’aide), c’est qu’il ne faut pas douter de toi, de ton projet, de tes talents. Chaque jour de campagne sera stressant, angoissant. Peut être que tu penses que ton avenir dépendra du succès de ta collecte (c’est vrai que si tu n’obtiens pas les fonds pour lancer une production, ça sera un peu plus difficile) néanmoins quelle que soit l’expérience (réussie ou pas), tu en sortiras grandi. Et tu auras convaincu des nouvelles personnes qui seront réceptives à ton message.

Gardons le cap. Gardons la foi. Dédicace à tous les entrepreneur(e)s.

J’ai souhaité écrire cet article comme un exutoire, pour évoquer mon expérience et briser certains tabous. Je ne connais pas encore l’issue de ma campagne (il reste plus de 15 jours) mais j’annonce déjà que je publierai un autre article, même en cas d’échec (bon, il me faudra probablement quelques jours pour m’en remettre). Et puis peut être que j’écrirai d’autres articles sur l’entreprenariat, parce que c’est un sujet qui me passionne et que c’est certainement l’expérience la plus enrichissante que j’ai jamais connue (et pourtant je suis maman, deux fois même)

Et parce que je crois encore qu’un changement est possible. Qu’on peut créer des emplois, faire du commerce avec des petites marques éthiques, créer du lien social et surtout aider les parents, jeunes parents ou même grand-parents à faire autrement.
Je garde espoir.

Et pour ceux qui veulent connaitre mon projet et marquer leur nom sur le mur, cliquez sur le bouton découvrir mon projet
Pour les autres, vous pourrez me trouver sur plusieurs réseaux sociaux 😉

Avec toute ma gratitude

 

Entrepreneure, blogueuse, rêveuse et idéaliste.
Et maman poule (tendance écolo) de 2 enfants.
Fondatrice de Miel Citron