« Tu verras, un enfant, ce n’est que du bonheur ». On a toutes entendu cette phrase. On a toutes voulu y croire. Un bébé, ce petit bout de nous que l’on attend pendant 9 mois et qu’on imagine parfait, calme, pas contrariant.

On va le bichonner, passer nos journées à lui faire des câlins, le dévorer des yeux, l’inonder d’amour et cela suffira. Ce bébé dormira bien, ne pleurera pas beaucoup puisqu’on s’occupera bien de lui. Il grandira sans faire de crise, il aimera ses jouets, saura savourer les instants de joie et tout ce qu’on lui donnera.

 

La réalité d’un enfant né

Et puis bébé arrive, il naît… il est lui. Il doit s’adapter à cette nouvelle vie à l’extérieur, c’est plus ou moins facile pour lui…et pour nous. Il pleure beaucoup, surtout la nuit, il dort mal ….le vernis craquelle. Ses pleurs nous usent, nous exaspèrent. Parfois on ferme la porte pour ne pas l’entendre hurler. On sort dans le jardin pour ne pas craquer.

 

Le temps passe, un an, un an et demi, votre bébé est devenu bambin, il s’affirme, développe son autonomie…et son libre arbitre. Il va parfois refuser, souvent s’opposer, il va crier…

Crises de larmes, colères, votre enfant n’est plus ce petit être rêvé. Envies incessantes, besoins rarement satisfaits, bruit, cris, désordres, « terrible two », il fait des caprices, peut avoir des crises de rage.. On a parfois envie de l’étrangler, ce petit être. Car il faut l’admettre, nos enfants peuvent nous faire craquer, nous rendre littéralement fous. Nos nerfs sont mis à rude épreuve, car la vie avec un enfant est tout sauf un long fleuve tranquille. La vie de parents est parsemée de hauts et de bas, et on n’aurait jamais imaginé avoir des réactions impulsives et violentes envers ce petit être que l’on aime par-dessus tout. Le gronder, lui dire des paroles blessantes, lui crier dessus, l’enfermer dans sa chambre, ressentir l’envie « de le passer par la fenêtre », hurler contre lui… On n’avait pas imaginé tout ça. On ne nous l’avait pas dit, que c’était ça, être parent aussi.

Il est pourtant normal de perdre patience, de se sentir démuni(e), dépassé(e)..

Notre propre enfance et le manque de soutien

 

D’un côté la publicité trompeuse « famille Ricoré » qui nous fait miroiter une vie de famille et de parents idyllique (enfants sages, obéissants, parents reposés et toujours disponibles, etc), de l’autre des injonctions médicales, professionnelles et recettes toutes faites sur notre rôle de parent (yakafokon, « il faut ») qui ont vite fait de culpabiliser les parents « qui n’y arrivent pas ». Au milieu, nous, nous et l’éducation que l’on a reçue, notre histoire. Car comme le dit si justement Isabelle Filliozat, « nos attitudes éducatives ont peu à voir avec la science, l’expérience ou la raison » et il est d’autant plus normal de sentir de la violence en nous que c’est ce que l’on a connu enfant (voir le livre Il n’y a pas de parent parfait, d’Isabelle Filliozat)

Qu’il est difficile d’être parent aujourd’hui et de trouver de la ressource, d’être disponible et fournir des réponses adaptées aux éclats de voix, aux réclamations, au désordre, aux turbulences quotidiennes !

Se retourner sur sa propre enfance est un bon début pour changer sa dynamique éducative sans être rongé par la culpabilité.

 

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