Nous avons déjà évoqué le cododo dans notre blog. Aujourd’hui, nous vous proposons le témoignage de Julie, Correspondante Miel Citron dans le Rhône (69).

Il était un bébé déboussolé parce qu’on l’avait tiré hors de sa tanière douillette un matin d’automne pour qu’il découvre la vie. Avant ça il avait passé 9 mois bien au chaud dans le ventre de sa mère. Pendant près de 9 mois il avait senti sa chaleur, avait été bercé par les bruits environnants (dont le doux ronron de son père). Pendant près de 9 mois, il avait vécu à son propre rythme, dansant la nuit, dormant le jour, tourne-boulant selon ses envies.

Il était une maman, la sienne, qui voulait le meilleur pour que son fils grandisse heureux. Une maman qui, malgré elle, était empreinte de normes qui ne lui convenaient pas. Elle avait aménagé une jolie chambre pour son enfant à naître. Tout était prévu pour que sa venue au monde se passe dans les meilleures conditions possibles, du moins, le croyait-elle. C’est quand elle a rencontré la sage-femme, qui porte tellement bien son nom, que tout a basculé dans sa tête. Elle lui a expliqué qu’il serait mieux pour son bébé de dormir dans la chambre « parentale », au moins les 6 premiers mois de sa vie. Alors, de recherches en recherches, de réflexions en réflexions, elle réalisa que c’était la meilleure chose à faire pour lui, et pour elle. D’abord parce que lui avait été habitué à être entouré en permanence et qu’en y réfléchissant, le garder près de soi était la chose la plus évident à faire. Ensuite parce qu’elle avait choisi de l’allaiter et que d’un point de vue pratique, ça évitait quand même de parcourir des kilomètres la nuit pour aller donner le sein.

Il était un papa, aussi. Qui ne connaissait rien des théories prônant de laisser dormir l’enfant seul au risque qu’il en prenne trop l’habitude d’être entouré (vraiment, une sacrée mauvaise habitude, non ?). Un papa qui, dans l’instant, suit avant tout son instinct.

C’est l’histoire d’un bébé, heureux et soulagé, le soir en s’endormant de retrouver l’odeur de son père et de sa mère autour de lui. Soulagé que sa mère, finalement, ait choisi de l’écouter, lui, plutôt que ce qu’elle avait lu dans les manuels. Qu’elle ait choisi de suivre son instinct et de consacrer ses nuits à être attentive aux besoins de son fils. Qu’importe qu’il faille y passer des heures à le réconforter, elle serait là, toujours. Et heureux d’avoir trouvé sa place dans le coeur de ses parents prêts à lui laisser une place dans leur lit s’il ne se sentait pas bien dans le sien.
C’est l’histoire d’un bébé qui grandit dans la confiance. Il le sait, ses parents seront toujours là, coûte que coute, s’il avait besoin. Maintenant, la nuit, il peut entendre les battements du coeur de sa maman, comme avant qu’il soit un bébé. Il peut sentir sa chaleur, et dormir aussi paisiblement que possible. Parfois cela dure toute la nuit, parfois seulement pour la fin de la nuit.

C’est l’histoire d’une famille, paisible. Pas seulement parce qu’elle a choisi de pratiquer, occasionnellement, le cododo, mais surtout parce qu’elle se sait capable de s’écouter les uns les autres. Que chacun répond aux besoins des autres sans juger de ce que pourrait dire les voisins, les amis, les pédiatres ou toute personne désireuse d’émettre un jugement hâtif sur leur vie.

Cette famille c’est la mienne, ça pourrait être la vôtre, ou peut-être pas. Peut-être que vous avez choisi de mettre votre enfant dans sa chambre dès le début. Peut-être que vous êtes des adeptes de longue date de cette pratique du cododo ou peut être que vous ne le faites que parce que c’est pratique. Peut-être que vous allaitez, ou que vous « biberonnez ». L’important dans une famille, c’est la confiance et l’écoute. Être fier de ses choix. Alors faites vous confiance, faites confiance en vos enfants et en route vers un dodo paisible !