Et voilà ! C’est la fin de l’été !

On le perd souvent de vue, mais je trouve que c’est le moment de l’année où on le perçoit le mieux, surtout en tant qu’étudiant ou parent : la fin de quelque chose est toujours le début d’autre chose.

Parfois, on voit bien le début de quoi. En regardant mon petit garçon s’installer à sa table de CP, je voyais bien que même s’il sera toujours mon bébé, ce n’est plus un bébé. Ça avait le goût de l’insouciance de l’enfance qu’on laisse derrière, même si comme tout le monde, on a connu notre lot de drames et de difficultés. Et en même temps, c’est le début d’une nouvelle aventure pour mon petit curieux, qui a la même soif inextinguible de connaissance que moi.

Tous les deux, on était bien sûr un peu inquiets de sauter dans l’inconnu en laissant les petites habitudes de maternelle derrière nous. Et encore, avec quatre écoles en trois ans, par rapport aux autres, on a bourlingué ! Mais je crois qu’on était surtout excités par l’aventure que représente cette nouvelle étape.

Les choses ne sont évidemment pas toujours aussi claires. Parfois, c’est même un sentiment très confus, on sent que quelque chose se termine, mais on ne sait pas exactement quoi. Et on n’a pas toujours envie de tourner la page qui se tourne de toute façon.

C’est vrai que c’est angoissant.

Comme le veut la sagesse populaire, on sait ce qu’on quitte, mais on ne sait pas ce qu’on va trouver.

Ce n’est déjà pas simple quand ce sont des étapes positives de la vie, comme commencer un nouveau job, monter sa boîte, emménager dans un nouveau chez soi, peut-être même avec un amoureux, devenir parent… Des événements qui sont souvent la fin d’événements difficiles à digérer : perdre ou quitter son emploi, se séparer, perdre un proche…

Il y a une rupture dans le flot de notre vie.

Dans tous les cas, c’est la fin de la vie telle qu’on la connaissait, et le début de quelque chose de neuf. Quelque chose d’inconnu, pour excitant que ce soit.

Or, nous sommes des créatures d’habitude. À part peut-être Bear Grylls, on a tous plus ou moins besoin de repères. Peut-être une vieille réminiscence de l’époque où nous étions nomades ? La tribu errait, à la recherche de nourriture, à la merci de la météo et des bêtes sauvages. Et puis le feu, les cavernes, l’agriculture. La fin des chasseurs-cueilleurs, le début d’une forme de sécurité. Que les Bear Grylls de l’époque ont sans doute mal vécu.

Jusqu’à ce que, pour x raisons, la tribu doive reprendre la route et tout recommencer ailleurs.

Je pense que c’est le même sentiment que nous ressentons lorsque nous quittons notre univers connu pour quelque chose de nouveau. On quitte la sécurité qu’on connaissait, même si elle est toute relative (on a tous connu le boulot ou la relation toxique dont on n’arrivait pas à se dépêtrer, pas vrai ?) Peut-être, sans doute, pour quelque chose de mieux. Mais, et si ça ne l’était pas, mieux ? Si c’était pire ?

Et ça, il n’y a aucun moyen de le savoir. En fait, il y a de fortes chances que certains aspects de cette nouvelle situation soient mieux, et d’autres plus compliqués.

Mais au bout du compte, pour peu qu’on ne cède pas à la panique et qu’on y mette un peu du sien, on finit toujours par retomber sur ses pattes. Même si parfois, on a l’impression que ça prend une éternité. Pour que vous soyez atteint de comparaisonite aiguë, vous allez trouver qu’untel, dans les mêmes circonstances, gère quand même carrément mieux.

Sauf que ce ne sont jamais exactement les mêmes circonstances, n’est-ce pas ? Et souvent, untel a plusieurs semaines/mois/années d’avance sur vous. Des atouts indéniables, mais aussi des boulets.

Alors, la pique d’angoisse que vous ressentez parce que le changement, c’est maintenant, elle est normale. C’est la fin de ce que vous connaissez, et le début d’une nouvelle vie. (« It’s a new dawn, it’s a new day, it’s a new life for me », chante Nina Simon alors que je tape ces mots. Une nouvelle aube, un nouveau jour, une nouvelle vie s’offrent à moi. Y’a pas de hasard.)

J’aime bien le cliché « le premier jour du reste de ta vie ». C’est vrai, quand on y réfléchit.

J’aime aussi l’accord toltèque « fais toujours de ton mieux ». Certains jours, ce mieux est minuscule. Et ce n’est pas grave, parce que l’océan, c’est goutte après goutte qu’il se forme. Et même si ça ne se voit pas, simplement vous adapter à votre nouvelle vie et digérer la fin de l’ancienne, c’est déjà beaucoup.

Vous savez quoi ? Vous gérez grave !!!