“Une femme ne devrait pas créer d’entreprise. Sa place est plutôt à la maison”

 

Oui, vous avez bien lu. Ce sont les propos que l’on m’a tenue il y a exactement 10 ans.

Propos tenus par un homme à qui je parlais de mon projet de création d’entreprise.

Propos qui résonnent toujours en moi avec un petit esprit de revanche à prendre.

 

A l’époque, je travaillais sur l’ouverture d’un concept de restauration rapide. J’avais étudié le marché de la restauration, des franchises, les concepts existants.

Je voulais créer un lieu qui rassemble, qui fédère. Avec des valeurs.

Un lieu pour les personnes qui voulaient changer leur consommation, mieux manger, avec une alimentation bio. Aujourd’hui c’est tellement courant mais à l’époque, on me rétorquait que l’alimentation bio était un concept de “bobo parisien”…

 

Ce projet n’a jamais pu voir le jour.

Pour plusieurs raisons.

J’avais 25 ans, j’étais mère célibataire et je n’avais aucun patrimoine. Et, entre le local, les travaux d’adaptation aux normes, le matériel, le recrutement etc…  il me fallait emprunter 300 k€ auprès des banques (Oui, j’ai osé)

Banques qui ont bien évidemment rigolé.

Je peux les comprendre. Et rien n’arrive jamais par hasard, tous ces petits mots ont résonné longtemps en moi et m’ont donné la force de trouver d’autres idées.

 

“Je ne connais pas l’échec, soit je réussis, soit j’apprends”

 

Je suis donc passée par la case “recherche d’emploi”, “obtenir un CDI” et “bâtir un patrimoine”. Tout cela en 4 ans, avec en bonus le combo “mariage/enfant/belle maison/grosse voiture”

 

Mais je n’ai jamais oublié cette envie d’entreprendre.

Alors je me suis concentrée sur ce que j’aimais faire (mes passions), ce pourquoi j’avais été payée dans le passé (mes compétences) et ce dont le monde a besoin (les marchés éventuels). Cette technique s’appelle l’ikigai

 

C’est ainsi que j’ai pu créer une entreprise me permettant de valoriser mon expérience de maman, de me sentir utile dans les combats que je mène à savoir aider les autres à réussir, préserver l’emploi en France, aller vers une consommation raisonnable, m’intéresser aux neurosciences et au monde de l’enfance (oui j’ai beaucoup de passions)

Je pouvais aussi mettre à profit mes compétences en sourcing, marketing, logistique et management.

Et surtout, il y avait un marché. 120 000 naissances par an. Des parents qui découvrent le monde merveilleux de la parentalité et aussi l’envers du décor (burn out, crises, difficulté à concilier vie pro/vie perso)

Il y avait aussi pléthore d’entreprises, avec de vraies valeurs écoresponsables, des envies de créer de l’emploi, de la valeur. Et qui commercialisaient de chouettes produits.

J’étais toujours à l’affût des bons plans de mamans, ou des dernières nouveautés qui pouvaient faciliter la vie (ou parfois même, avouons le, me faire plaisir à moi par la beauté du jouet en bois qui allait hyper bien décorer la chambre de bébé

Il y avait aussi tous ces professionnels qui se lancaient dans un commerce en ligne ou une activité libérale et qui galèraient à trouver des clients. Depuis 15 ans que je suis attirée par l’entreprenariat, j’ai vu tellement d’échecs pour peu de réussites.

Ainsi, j’hésitais à me lancer moi même dans la création d’entreprise dans ce domaine. Devenir coach parental ou ouvrir un café poussette, l’idée était chouette. Mais le parcours pouvait être long, difficile et risqué.

 

Alors bingo, Miel Citron était né. Du moins dans ma tête, en 2013

Il fallait maintenant le lancer.

Cette fois je n’avais pas de gros besoins financiers pour commencer. Je pensais éviter les sarcasmes des banquiers. Mais ouvrir un compte pro pour une entreprise proposant de la puériculture, des jouets et des produits bio semble tellement banal aujourd’hui.
Créer une société  de “vente à domicile puériculture, jouet et produits bio” l’était un peu moins. Mais au moins, cela allait dans le sens des propos du monsieur dont je parle au début de l’article.

 

“Ils pensaient que c’était impossible alors ils l’ont fait”

 

J’ai pris le temps, ai testé plusieurs choses en mode “je crée mon activité sans risque” c’est à dire, je crée une auto-entreprise, j’ai un petit matelas financier, je fais les choses par moi-même donc je me forme beaucoup par exemple pour créer un site internet, démarcher des clients, faire connaitre ma page Facebook.

 

Ce n’est qu’en 2016 que les choses démarrent vraiment. Lorsque j’ai décidé de créer une véritable société. Avec toutes les conséquences que cela implique et les risques également.

 

Mais l’accueil du public est favorable. En partant de zéro, je n’ai pas la possibilité d’avoir une équipe pour faire avancer les projets. Alors je trime, je tombe, je me relève et je deviens plus forte.

 

C’est aussi une campagne de financement participatif qui a contribué à faire connaitre le concept. D’ailleurs à l’époque, je l’avais intitulé “Comment foirer sa campagne de financement participatif”  et finalement cela m’avait porté chance.

 

Aujourd’hui, après plus de 2 ans, Miel Citron c’est quoi ?

 

Des Femmes (et des hommes) qui travaillent à domicile, des parents qui ont vu leur vie changer par nos méthodes (notre formation sur 45 jours basée sur une méthode prouvée scientifiquement) et surtout des parents qui aident d’autres parents.

Sont ils des parents parfaits ? Loin de là. Mais l’idée n’est pas de “prêcher une bonne parole” mais plutôt de partager l’expérience de parent. Autour d’un café, dans le confort du domicile. Comme le soutien d’un(e)  ami(e)

Votre enfant ne veut pas se coucher le soir ? Et bien nous avons connu cela. Et les échanges se font. Les personnes découvrent qu’elles ne sont pas seules, qu’il y a des manières de le gérer (prendre du temps pour anticiper, rassurer, se sentir bien d’abord avant de pouvoir remplir le réservoir affectif de ses enfants, tout un tas d’astuces faciles à mettre en place)

Nous avons bien évidemment aussi des articles de qualité qui vont dans ce sens, par exemple une petite veilleuse qui raconte des histoires ou qui a une lumière apaisante.

Nos produits sont souvent utilisables de multiples façons, c’est tout l’intérêt de la vente à domicile. Faire la démonstration des produits, pouvoir les tester.

 

Et ce lien social, essentiel dans notre société actuelle en perte de sens.

Une société de consommation à vouloir toujours plus, toujours plus vite. Au détriment de la qualité et parfois même de l’humain.

(Le mouvement actuel des gilets jaunes montrent bien que beaucoup veulent que cela change)

 

Alors oui aujourd’hui je suis à la tête d’une entreprise, en travaillant depuis mon lieu de vie.

Chaque jour, je suis en contact avec la centaine de personnes qui travaillent avec nous, chacune depuis leur domicile. Certaines personnes ont aussi des postes salariés à côté car Miel Citron permet une activité complète ou un complément de revenu à domicile.

Nous sommes donc une équipe de femmes et d’hommes, des parents qui gèrent leur famille, leur maison, parfois leur autre job à côté et qui oeuvrent chaque jour vers leur épanouissement.

 

Car oui, lorsque l’on fait ce qu’on aime, on n’a pas l’impression de travailler comme évoquait  Confucius

 

Alors pour en revenir à ce propos machiste selon lequel une femme devrait rester à la maison…

 

Oui elles peuvent être à la maison ET créer une entreprise.

Elles peuvent vendre des jouets ET ne pas vouloir “jouer aux billes” (autrement dit gagner leur vie)

Oui elles peuvent être des mères (ou pères)  imparfait(e)s ET apporter de la valeur

 

Car elles en ont tellement, et même beaucoup de courage, de détermination et de plaisir, parfois bien plus que d’autres, dans le confort de leur salariat qui ne leur plait plus.

 

Quoi d’autre est possible ?

 

 

Vous travaillez à domicile ? N’hésitez pas à partager votre expérience dans les commentaires. Plusieurs articles de ce blog montrent des portraits d’entrepreneurs ou ce qui anime les personnes qui travaillent en VDI

Ce statut parfois méconnu et pourtant souvent critiqué

 

Et en 2019, nous voulons proposer à davantage de personnes de prouver que c’est possible