Souviens-toi enfant, quel parent t’imaginais-tu être ?

Au début je voulais être puéricultrice, j’aimais les bébés, tellement vulnérables comme je l’avais été moi-même …je crois que c’était pour réparer mon propre enfant intérieur. Tout en étant terrible avec ma mère (qui le méritait bien !lol) je me disais que mes enfants m’écouteraient, moi !

Quel parent es tu aujourd’hui ?

Aujourd’hui, tous les jours j’essaie d’être la plus cool possible, de ne pas crier, de ne pas taper, de ne pas laisser tout faire non plus, mais cela après 4 enfants, et bien des galères parentales…

Comment s’est passée ton enfance ?

Père absent, immature, et mère dépressive, présentant de graves lacunes en matière d’affection !

Comment s’est passée ton adolescence ?

Mouvementée ! Alcool, sortie, violence, mais avec une philosophie de la vie pas si mal que ça finalement ! ( j’avais des principes, des valeurs qui m’ont sauvée du pire, et m’ont fait épargner aussi certain(e)s)

As-tu un souvenir qui t’a blessé étant enfant ?

Je n’en ai pas qu’un malheureusement, mais je vais en citer un parmi tant d’autres. Ce jour où j’ai compris que ma mère ne m’aimait vraiment pas, ou ne savait pas m’aimer et que j’ai cessé de l’aimer moi aussi…j’avais 7 ans. Nous étions arrivées chez ses amis, et je l’emmène voir quelque chose dehors (je ne sais plus ce que c’était) mais ne sentant pas ma mère “pour moi”, j’ai commencé à faire une crise comme il m’arrivait souvent d’en faire (en général elle disait “arrête ta comédie” ou même “arrête de faire l’enfant ! Et oui, comme injonction paradoxale, c’est pas mal) mais celle là particulièrement virulente. Je crois que j’étais désespérée de n’avoir pas son attention et son amour, ce jour là, c’était un cœur las d’enfant meurtrie qui exprimait son dernier espoir, son dernier souffle. Et qui, bien entendu, n’as pas été entendu justement ! Je me souviens que je criais, ne voulais plus avancer, les gens passaient, et ma mère ne savait quoi faire à part me dire “aller, faut rejoindre les amis” …elle ne savait penser qu’à elle, mais en a beaucoup souffert dans sa vie.

Ce souvenir a-t-il des conséquences dans ta vie d’adulte ?

Le manque d’amour de ma mère, et l’absence de mon père a fait de moi une borderline ! Et j’ai passé la majeure partie de ma vie à me battre contre ça, j’en sors seulement aujourd’hui à 44 ans et la joie arrive dans ma vie. Mais il a fallu une histoire de couple catastrophique qui a rendu pathologique mon problème et m’a poussé à me soigner “pour de vrai”. Malgré que j’étais déjà depuis une dizaine d’années dans le développement personnel, je pense qu’il est nécessaire d’avoir un suivi psy récurrent et régulier (avec le même) pour s’en sortir, et régler finalement le plus souvent ses problèmes d’enfants, ceux résultant de la relation parentale.

Penses tu que ton éducation a fait de toi le parent que tu es devenu ?

Oui dans un sens, car le jour où je me suis retrouvée dans la même situation avec mon fils de 10 ans me faisant une crise terrible en haut d’une montagne avec des passants, et le vide dans lequel il menaçait de se jeter, je m’entends encore, impuissante, dire les mêmes mots inefficaces que ma mère …

As tu eu un déclic ? Si oui, lequel?

Ce fut ça le déclic donc, je me suis dit que je ne pouvais lui faire vivre la même chose que ma mère m’avait fait ! (c’était pourtant ce que je faisais jusqu’à ce jour) Mais je n’avais pas la solution !!! Et puis, simplement, j’ai pris mon courage à deux mains pour laisser parler mon cœur. Je lui ai dis “non, je t’aime, je ne veux pas que tu meurs !” auquel il a répondu “non, ce n’est pas vrai, tu ne m’aimes pas en criant et en voulant sauter !!”, j’ai dû insister plusieurs fois “si, je t’aime, je serai très triste si tu n’étais plus là” “J’ai besoin de toi dans ma vie” ….et il a finit par se calmer, la crise s’est apaisée, et nous sommes repartis. Ce jour là a été la fin de mon problème avec mes enfants, ce qui ne veut pas dire la fin des problèmes car après une prise de conscience, il y a du travail, il ne faut pas penser (comme certains voudraient le faire croire) que la prise de conscience règle tout !

En devenant parent, y a-t-il un conseil que tu aurais apprécié ? (on parle d’un vrai conseil, pas de celui de tata Huguette^^)

J’aurais apprécié pleins de conseils de parentalité positive et comment donner de l’amour à son enfant quand on en a pas eu soi-même. La plupart du temps, je me retrouvais encore plus en échec car les conseils que je glanais me faisaient rentrer dans des jeux de pouvoirs avec mes enfants, et c’était pire, d’abord parce que ça ne fonctionne pas (les enfants seront toujours plus durs que nous à ces petits jeux) et aussi parce qu’au fond (mais je ne le savais pas encore à cette époque) ils n’étaient pas du tout en accord avec mes désirs profonds d’éducation bienveillante.

Pour terminer, indique, si tu le souhaites, une brève présentation

Je suis aujourd’hui thérapeute bien être après un long chemin chaotique, j’ai quatre enfants et j’aime écrire 🙂 Bien à vous, prenez soin de vous et des gens qui vous entourent….
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