Souviens-toi enfant, quel parent t’imaginais-tu être ?

Dès petite, je rêvais de devenir mère, une mère qui aime inconditionnellement, j’avais de l’amour à donner, à revendre.

Quel parent es tu aujourd’hui ?

Avec mes enfants je suis à l’écoute, de leurs sentiments, de leurs émotions. Je cherche à bâtir une base solide pour qu’ils deviennent des personnes empathiques et qui n’aient pas peur de ressentir, d’aimer, d’être heureux ou même triste.

Comment s’est passée ton enfance ?

J’ai été une petite fille rebelle, espiègle qui cherchait à se différencier de ses frères et sœurs. J’ai eu une éducation traditionnelle mais dans une famille aimante. Mes parents ont essayé de faire au mieux sans pour autant y arriver, je ne leur en veux (presque) pas, je sais qu’ils nous aimaient pas tous de la même manière mais ils nous aimaient.

Comment s’est passée ton adolescence ?

Chaotique! tentative de suicide, alcool, drogue, sexe… tout pour que l’on me remarque, mon coté “bon élève” à fait de moi celle qui n’a besoin de rien, qu’on laisse vivre sa vie alors que j’avais besoin de reconnaissance, j’avais besoin de connaitre ma place et personne ne m’y a aidé. J’étais en conflit permanent avec mon père qui ne voyais pas le “problème” et je ne partageais rien avec ma mère.

As-tu un souvenir qui t’a blessé étant enfant ?

Entendre de la bouche de sa maman à 6 ans qu’elle préfère ton frère (de 18 mois de plus) à toi ça fait mal!

Ce souvenir a-t-il des conséquences dans ta vie d’adulte ?

J’ai beaucoup souffert de ce manque d’amour qu’il n’y a pas un jour où je n’y pense pas. Encore aujourd’hui, j’ai tendance à me comparer, à chercher dans les phrases de ma mère ce qui met en avant mon frère, je me sens en rivalité et pas seulement auprès de ma mère et face à mon frère. Dans ma vie professionnelle, dans ma vie amoureuse, je manque de confiance.

Penses tu que ton éducation a fait de toi le parent que tu es devenu ?

Bien-sûr, je fais tout mon possible pour ne pas faire de différence entre mes deux filles. Mais ça va plus loin encore, le fait d’avoir eu une adolescence difficile me pousse à vouloir être toujours plus à l’écoute d’elles car pour ma part, un lien s’est brisé à cette époque et je ne veux surtout pas que cela arrive avec mes filles.

As tu eu un déclic ? Si oui, lequel?

Le jour ou j’ai su que j’étais enceinte, je suis devenu une autre personne, j’ai stoppé mes conneries, j’ai su que je ne vivrais plus que pour moi, j’ai arrêté la survie, j’ai arrêté de me détruire (physiquement et psychologiquement). J’avais enfin quelqu’un à qui donner tout cet amour qui débordait (pardon au papa que j’aime infiniment mais qui malheureusement ne me suffisait pas ).

En devenant parent, y a-t-il un conseil que tu aurais apprécié ? (on parle d’un vrai conseil, pas de celui de tata Huguette^^)

Donne à ton enfant ce que tu aurais aimé recevoir, soit le parent que tu aurais aimé avoir….

Pour terminer, indique, si tu le souhaites, une brève présentation

Véronique 35 ans deux filles de 4 ans 1/2 et 2 ans. Je suis comptable et militante contre les violences éducatives ordinaires.
Ce témoignage vous parle ou vous fait réagir, n’hésitez pas à le partager ! Vous souhaitez témoigner ? Répondez, de manière anonyme, à nos questions en cliquant ici Répondre aux questions