Souviens-toi enfant, quel parent t’imaginais-tu être ?

Je voulais être une mère de famille nombreuse qui joue beaucoup avec ses enfants

Quel parent es tu aujourd’hui ?

J ai 2 enfants. Les – : Je trouve que je devrais utiliser plus le jeu. Je suis tellement habituée à “être tranquille” (j ai eu mes enfants tard) que je recherche beaucoup de moments de solitude, ce qui me rend un peu absente/inactive à mon goût auprès de mes enfants. Il m’arrive aussi d’avoir des accès de colère où j’ai de grosses envies de violence (en moi) que j’étouffe ou maîtrise au maximum…c est un peu ce qui explique ce besoin de solitude : dès que je suis fatiguée il me faut des moments seule et tranquille. C est un peu triste… mais heureusement je progresse toujours et j’ai un mari en or.
Mais les points + : je suis lucide et que je fais beaucoup de travail sur moi même, j’apprends beaucoup en lisant et en communiquant avec d’autres parents….et que j’arrive de plus en plus à me reconnecter à mon enfant intérieur et donc à “déconner” avec mes enfants et à renforcer notre complicité. Sinon je suis très câlins, écoute, je suis contre les rapports de force éducatifs, et les violences éducatives, contrairement à mes parents.

Comment s’est passée ton enfance ?

Les – : trop de violences physiques et verbales/morales en famille. Grosses difficultés de sociabilisation avec les enfants de mon âge. J’avais l impression d’être le médiateur familial ou le psy de mes parents qui se disputaient intensément et quasi quotidiennement.
Les +: mes parents ont fréquenté /invité des gens de tous les milieux, ça a été très enrichissant. Par le biais de discussions en famille (malheureusement trop animées), on communiquait beaucoup. J ai baigné dans 2 cultures autres que française, donc ça apporte une vision différente du monde.
Les +/- : alternativement beaucoup (trop) de libertés ou alors trop de dictature familiale avec des périodes “tampon” entre les 2 extrêmes.

Comment s’est passée ton adolescence ?

J’ai passé du temps à me reconstruire (de mes 15 à mes 28 ans) car il était inconcevable que je me trimbale toute ma vie les difficultés de sociabilisation, les angoisses, les tocs, l’hyper émotivité, le manque de confiance en moi …tout ça au détriment de mes études. J étais naïve et rebelle.

As-tu un souvenir qui t’a blessé étant enfant ?

Tous les accès d’autoritarisme de mes parents et cette ambiance de rapports de force permanent ont été épuisants et destructifs, source de grands malaises que j’ai enfin réussi à résoudre. Je regrette d’avoir vécu dans cette ambiance, et j’ai toujours eu la certitude d’avoir gâché mon potentiel pour les études en gaspillant toute mon énergie dans les psychodrames du couple parental et de la famille.

Ce souvenir a-t-il des conséquences dans ta vie d’adulte ?

Oui. Comme dit plus haut, j ai passé une quinzaine d’années à me reconstruire. Je pense que grâce à cet énorme travail sur moi, j’ai évité de devenir un “cas psy” (j’ai réussi a me débarrasser de: tocs, névrose de type paranoïa, grosses angoisses (qui me faisaient rester des journées à planer et ne voir personne ) et spasmophilie, agressivité, logique d échec/de perdant … Il faut que je réussisse encore à me débarrasser de quelques restes d’envies de violences résiduelles.

Penses tu que ton éducation a fait de toi le parent que tu es devenu ?

Oui et non. Je suis contente du parent que je suis aujourd’hui, compte tenu de ce que j aurais pu être si javais pas fait tout ce travail sur moi. Je suis devenue celle qui casse le cercle vicieux des violences éducatives dans notre famille.

As tu eu un déclic ? Si oui, lequel?

L évolution de ma vision de l éducation s’est faire par étapes de 2006 (où j ai été belle-maman durant 3 ans + formations CNV au travail ) à 2013 (mon 1er enfant + des débats sur Facebook sur l éducation )…et maintenant je progresse sur le chemin choisi.

En devenant parent, y a-t-il un conseil que tu aurais apprécié ? (on parle d’un vrai conseil, pas de celui de tata Huguette^^)

-Découvrir les notions d adultisme et de veo, ça change toute ta vision de la vie et du monde. -Il peut arriver avec la fatigue d’avoir des pensées négatives (colère, agacement, etc..) envers les enfants mais il n’est pas normal de croire qu’on peut leur faire du mal “sous prétexte que c’est pour leur bien”: un enfant se construit avec ce que tu lui donnes, alors montre lui l’exemple. -J’aurais aimé lire “pour une enfance heureuse “de Dr.Gueguen pendant ma première grossesse, ainsi que d être plus avancée dans la connaissance/conscience des autres concepts de l’éducation sans veo.

Pour terminer, indique, si tu le souhaites, une brève présentation

36 ans, Est de la France,2 jeunes enfants. ( twitter: @lydiasere)

 

Ce témoignage vous parle ou vous fait réagir, n’hésitez pas à le partager !
Vous souhaitez témoigner ? Répondez, de manière anonyme, à nos questions en cliquant ici Répondre aux questions