Chez Miel Citron, nous tâchons de vous faire découvrir de nouvelles pédagogies, des pistes éducatives bienveillantes mais surtout, surtout, nous essayons de faire entendre à chacun que le parent parfait et/ou LA méthode éducative parfaite n’existent pas. Ceux qui le croient prennent le risque de basculer dans l’hyper-parentalité, une dérive extrême qui guette néanmoins les parents trop exigeants envers eux-mêmes.

 

Mais au fond, c’est quoi l’hyper-parentalité ?

L’hyper-parentalité c’est une tendance, née aux USA, qui conduit les parents obnubilés par le bonheur de leurs enfants à en faire trop, beaucoup trop, au point de conduire au burn-out parental mais aussi au repli sur soi et à la perte de repère du côté des enfants. C’est la face extrême des courants pédagogiques qui mettent en avant la nécessité de porter plus d’attention et plus de soins aux enfants.

Ainsi, l’hyper-parent prend tellement à cœur les principes énoncés par les pontes de la parentalité positive qu’il en arrive à protéger excessivement ses enfants, à aller au-delà de leurs besoins en les couvrant d’attention et d’éloges… et en voulant trop bien faire, il en arrive au final à s’épuiser tout en limitant l’indépendance de ses enfants qui perdent en liberté et en autonomie. Obsédé par la réussite sociale (et donc par les études) de ses enfants, il stimule et protège ces derniers plus que de raison ce qui leur fait perdre toute confiance en eux-mêmes.

L’hyper-parentalité est le symbole du grand écart qu’il existe entre les anciens préceptes éducatifs et les nouveaux modèles qui se développent depuis la seconde moitié du XXème siècle : de l’enfant-meuble dont on ne se préoccupe qu’à partir du moment où il peut se révéler utile, nous sommes passés à l’enfant idolâtré qui se construit au final sur des bases tout aussi bancales.

Comment en est-on arrivé là ?

Si l’hyper parentalité est d’abord apparue aux USA, ce n’est pas pour rien. Le désir de compétition permanent inhérent à la société américaine a en effet « contaminé » la sphère parentale. La réussite professionnelle étant la base de tout, les parents américains mettent un point d’honneur à triompher en réussissant leurs propres carrières et en permettant à leurs enfants d’en faire de même, voire de faire encore mieux.

Ainsi, rien n’est trop beau pour donner les meilleures chances de réussite à leur progéniture : bébé est à peine conçu que déjà sa place est réservée dans la meilleure crèche, dans les meilleures écoles puis dans la plus prestigieuse université ! Si ce phénomène ne se retrouve encore pas trop en Europe, il n’empêche que d’autres aspects de ce souci absolu de la réussite des enfants est à présent remarquable y compris au sein des familles françaises.

Ainsi, on rencontre de plus en plus des cas d’enfants (sur)stimulés dès la naissance, multipliant les activités extra scolaires qui surchargent leurs agendas (et ceux de leurs parents). Noyés sous les livres, les jouets éducatifs et les dispositifs, on s’aperçoit que ces enfants tolèrent en fait difficilement la frustration tandis que leurs parents en viennent rapidement à affronter toute personne (et de préférence issue du monde enseignant) s’interrogeant sur les éventuelles difficultés rencontrées par l’enfant.

Partant d’une montagne d’attentions bienveillantes, l’hyper-parentalité se transforme ainsi en un modèle éducatif pervers pour les parents. Accordant une attention accrue et permanente à leurs enfants, leurs attentes sont démesurées concernant ce que l’enfant fait, étudie, réussit et possède. Un excès qui se révèle alors contre-productif voire nocif pour le développement psycho-émotionnel des plus jeunes.

Etes-vous un hyper-parent ?

Pas de panique ! Vous être très certainement particulièrement attentif au développement et aux apprentissages de vos bambins. Peut-être êtes-vous souvent « sur leur dos ». Mais cela ne fait pas obligatoirement de vous un hyper-parent…

Voici donc quelques exemples d’actions hyper-parentales. A vous de voir si vous vous reconnaissez (ou si vous reconnaissez quelqu’un de votre entourage…) dans ces tableaux.

  • Surveiller et survoler en permanence ce que font et vivent vos enfants
  • Etre en permanence à l’affût de la moindre difficulté se trouvant sur le chemin de votre enfant en vous faisant un point d’honneur à toutes les faire disparaître. La voie que suit votre enfant doit être idéale et sans embuche et vous vous y employez en permanence.
  • Devenir à la fois taxi, coach et impresario de son enfant, et remplir l’agenda de celui-ci d’activités extra-scolaires tant dans le domaine sportif qu’artistique
  • Calculer au gramme près les aliments et courir après l’enfant pour qu’il termine absolument sa ration pour qu’il assimile tous les nutriments et autres vitamines nécessaires à sa pleine croissance

Mais le trait le plus caractéristique d’un hyper-parent, c’est qu’il est EPUISE et même tellement épuisé qu’il ne s’en rend plus compte !

Aussi stressés que leurs enfants du fait du rythme imposés aux uns comme aux autres, les hyper-parents peuvent même aller jusqu’à gérer les amitiés de leurs enfants pour écarter tout risque de « mauvaise influence » ou de (relative) mise en danger. Ils mettent, sans le vouloir, une pression permanente sur cet enfant pour lequel ils ne veulent pourtant que le bien.

Toujours à la recherche de ce qu’il y a de meilleur pour sa progéniture, l’hyper-parent passe le temps qu’il lui reste à chercher quoi proposer à son enfant pour qu’il vive de nouvelles expériences, qu’il expérimente de nouvelles méthodologies, qu’il détienne les objets les plus performants et qu’il dispose des dernières technologies.

L’hyper-parentalité est-elle une fatalité qui nous guette tous ?

Non et heureusement. Il est même relativement plus simple de sortir de ce modèle éducatif que de tomber dans ses filets tant il est épuisant. Le tout est d’en avoir conscience et de savoir s’écouter et de rester à l’écoute de son enfant.

La première des choses à faire pour ne pas devenir un hyper-parent c’est de SE DETENDRE, de se laisser du temps, d’être indulgeant avec soi-même. Il faut admettre qu’un enfant n’a pas besoin de parents parfaits mais de parents heureux partageant avec lui leur bonheur.

Il est aussi primordial de LAISSER RESPIRER L’ENFANT, de lui donner une certaine liberté (adaptée à son âge et à son environnement bien évidemment) pour qu’il apprenne à trouver des activités par lui-même ; qu’il apprenne l’ennui et qu’il s’attache à trouver ses propres solutions aux problèmes qu’il pourrait rencontrer. S’il est important de stimuler son enfant et de lui apporter assez de matière pour lui permettre d’assouvir sa soif d’apprendre, il ne faut pas pour autant oublier l’importance du jeu dans son développement et des moments « vides » de toute activité pré-définie..

La clé de la lutte contre l’hyper-parentalité est d’apprendre à SE FAIRE CONFIANCE et à AVOIR CONFIANCE en ses enfants au point d’accepter de leur lâcher la main et de leur laisser un certain espace de liberté pour qu’ils puissent suivre leur intuition. L’important est dans les accompagner (faire avec et non pas à la place de) dans leur développement en les félicitant, en suscitant chez eux des émotions pour qu’ils vivent pleinement et qu’ils apprennent à construire des relations tout en gérant leurs propres émotions.

L’auteur est intervenu de manière ponctuelle ou a souhaité conserver l’anonymat. Nous respectons son choix.