« Il dort comment ton bébé ? ». Avouez, vous en avez assez qu’on vous pose cette question et vous ne savez plus quoi répondre pour que votre interlocuteur arrête de vous donner des conseils à gogo. S’il y a une chose sur laquelle nous sommes (presque) tous d’accord, c’est que dormir est un besoin biologique. Pourtant, chacun a son avis tranché sur la question du sommeil de nos enfants et la société nous impose un modèle d’éducation au sommeil qui n’est pas toujours en accord avec les découvertes scientifiques. Cet article est là pour vous aider à trouver des pistes de réponses aux regards des nouvelles découvertes en neurosciences.

 « Il ne fait toujours pas ses nuits ?! »

Ah ! LA question que tout le monde vous pose non ? Personnellement, je réponds toujours « Oui oui ». Et je vous assure, il fait SES nuits. Alors oui, parfois c’est fatiguant, surtout quand l’entourage y va de son avis : tu l’as trop habitué à réagir à chacun de ses pleurs, tu l’allaites encore, il a faim, il te manipule… Et j’en passe. Pourtant il y a une explication biologique et il est tout à fait normal qu’un bébé ne fasse pas les mêmes nuits qu’un adulte.

Pour résumer et ne pas vous assomer avec des termes trop scientifiques voila ce qu’il en est : Le sommeil évolue avec l’âge en fonction de nos besoins. Les cycles de sommeil sont très courts en début de vie et très précaires car un nouveau-né a besoin d’être souvent éveillé pour s’alimenter fréquemment et éviter l’hypoglycémie qui l’empêcherait de se développer correctement. Par la suite les cycles s’allongent et deviennent plus solides jusqu’à devenir ceux que nous connaissons adulte. Ce dernier stade n’arrive qu’entre 5 et 6 ans, d’ici là rien n’est totalement acquis.

En revanche, il est important d’en être persuadé, un jour ou l’autre, votre enfant apprendra à dormir « comme un adulte ». De la même façon qu’il apprendra à marche, à parler, à aller aux toilettes etc, le sommeil est un processus évolutif qui demande de passer par des stades différents. Saviez-vous que cela commence avant même la naissance ? Le foetus alterne déjà des phases d’éveil et des phases de sommeil !

Un autre « problème »  qui empêche nos enfants de dormir en continu, c’est qu’ils ne savent pas enchainer correctement les cycles de sommeil. Vous savez surement que nous, adulte, nous réveillons fréquemment la nuit, mais nous n’avons besoin de personne pour nous rendormir, d’ailleurs, nous n’en avons généralement pas conscience. Ce n’est pas le cas des tout-petits qui ne savent pas se rendormir seul, et ont souvent besoin de réconfort, de se nourrir etc. Et peu à peu, ils apprendront, trouveront des techniques pour se rendormir facilement.

Conclusion, donc : même si ces réveils nocturnes sont épuisants pour les parents, ils sont normaux pour les enfants !

« Mais laisse le pleurer alors ! »

Ca aussi vous l’avez entendu à tire-larigot, non ? Avec comme prophétie : « si tu vas le voir dès qu’il pleure, tu en feras un enfant capricieux ». Cette technique d’un autre temps, en plus d’être douloureuse pour les tympans des parents est en plus dangereuse et néfaste pour les enfants.

Ce que disent les neurosciences (résumé encore une fois bien entendu ! Je vous épargne les détails trop scientifiques !) : les pleurs engendrent un taux élevé de stress chez l’enfant. Plus il pleure, plus les molécules de stress sont sécrétées. Ces molécules (cortisole et adrénaline), si elles sont présentes en quantité importante, peuvent être toxiques pour le cerveau immature d’un bébé au point de détruire des neurones dans certaines structures cérébrales.

Un adulte, lui, possède des éléments cérébraux qui lui permettent d’apaiser ses peurs, ce n’est pas le cas des enfants pour qui les émotions sont donc décuplées. Nous avons tous vécu des moments de stress intense ou des peurs irraisonnées pendant lesquels notre cerveau refusait d’entendre raison, non ? Cette situation, occasionnelle chez un adulte, est le quotidien des enfants.

Enfin, les angoisses, les peurs et les sentiments négatifs en général restent ancrés dans l’amygdale cérébrale de façon inconsciente laissant des traces indélébiles pour l’adulte en devenir qu’il est. Ces traces peuvent aller jusqu’à prendre la forme d’un traumatisme. D’avoir évolué dans un milieu où il se sentait abandonné, ni en sécurité ni écouté fera de lui un adulte qui aura des difficultés à s’apaiser. A l’inverse, s’il a vécu dans un environnement où ses parents savent l’écouter et l’apaiser, s’ils calment ses émotions trop violentes, alors ils l’aideront rendre son cerveau plus mature et en bon état de fonctionnement.  Il pourra alors apprendre à s’apaiser seul et à évoluer en toute confiance.

Mais alors, quoi faire ?

Déjà, arrêter d’écouter les conseils de gens qui pensent mieux connaitre votre enfant que vous-même et par la même occasion, écouter votre enfant.

L’allaitement est également un atout indéniable au bon sommeil d’un bébé (contrairement à la croyance populaire) : le lait maternel contient du L-triptophane, acide aminé facilitant l’endormissement. Le sein est également en lui-même un « objet » qui aide à s’endormir : il permet la succion qui est fondamentale dans le processus d’apaisement d’autant plus qu’il garde éternellement l’odeur de la maman (contrairement aux substituts comme les tétines). Dernier argument en faveur du sein, cette fois pour la mère : il augmente son taux de prolactine qui est l’hormone de production du lait mais qui aide aussi la mère à trouver le sommeil plus facilement ! La nature est bien faite non ?

Le cododo peut aussi être un allié précieux dans votre quête des nuits plus paisibles. Nous en avons parlé dans un précédent article, je vous invite donc à le lire pour en savoir plus !

Je vous rassure, si vous n’allaitez pas et que vous ne pratiquez pas le cododo vous pourrez quand même aider votre enfant à « bien » dormir. Un élément quasi indispensable pour aider votre tout petit à se créer des repères c’est de lui donner un rituel de coucher : il en existe autant qu’il y a d’enfants ! L’idée c’est que le coucher se passe à chaque fois de la même façon : une dernière tétée, le choix du pyjama, une histoire… Le cerveau des enfants a besoin d’habitudes pour être rassuré.

La dernière des choses, et sans doute la plus essentielle : ne pas chercher à contrôler son enfant mais au contraire écouter ses besoins. Si vous n’avez pas sommeil, vous, vous n’aimeriez pas qu’on vous force à dormir ? Un enfant c’est pareil. Un bon rapport parent/enfant est primordial pour que l’enfant puisse trouver calme et apaisement nécessaires pour s’armer pour un bon sommeil. Vous ne serez jamais trop présent pour votre enfant, au contraire : plus il sera entouré et écouté, plus les hormones sécrétées l’aideront à maturer son cerveau.

Pour aller plus loin : 

Cet article vous a été proposé par Julie, Correspondante Miel Citron dans le Rhône (69).