Elle est arrivée à une période de ma vie où j’avais décidé de faire la (r)évolution. Je ne savais pas trop comment, j’avais juste plus envie de faire comme avant, comme on m’avait dit, comme c’était “bien”. Alors je l’ai suivie, je l’ai écoutée, je suis tombée sur des articles parlant de bienveillance, de discipline positive, des neurosciences, de Montessori and co. Depuis deux ans, je fais du mieux que je peux avec tout ça, mon propre bagage, elle, moi, les autres … Je suis présente, j’explique, j’écoute, j’accueille, je réexplique, souvent calmement, encore trop souvent à mon goût je trébuche, je pleure, j’ai envie de partir loin, je m’excuse et on repart pour un tour.

Dans le livre “au coeur des émotions” d’Isabelle Filliozat, je trouve une citation particulièrement juste “vous dites : c’est fatiguant de fréquenter les enfants. Vous avez raison. Vous ajoutez : parce qu’il faut se mettre à leur niveau, se baisser, s’incliner, se courber, se faire petit. Là vous avez tort. Ce n’est pas cela qui fatigue le plus. C’est plutôt le fait d’être obligé de s’élever jusqu’à la hauteur de leurs sentiments. De s’étirer, de s’allonger, de se hisser sur la pointe des pieds. Pour ne pas les blesser” (Janusz Korczak).

Oui c’est fatigant de sortir de notre rôle d’adulte “sachant” ou “dominant”, oui c’est fatigant de lâcher prise, de regarder nos enfants nous mettre sur notre chemin, de les laisser appuyer là ça fait mal (et ils savent très bien faire !).  Alors qu’elle est une petite fille très souriante, ouverte, coquine, elle a toujours eu des “problèmes” de sommeil. A deux ans passés, les endormissements sont très compliqués et je me lève encore plusieurs fois chaque nuit. Je n’ai plus de soirée, des nuits hachées, parfois je le gère bien, parfois j’ai l’impression d’être dans une spirale infernale. Je tiens bon, je lui dis que je n’ai pas encore trouvé la solution mais qu’on trouvera ensemble comment l’apaiser.

Nous avons fait une séance de communication connectée avec les bébés qui nous a permis de découvrir des clés de compréhension et de déculpabiliser aussi car elle a en partie des peurs qui lui appartiennent indépendamment de ce  qui peut se jouer dans notre relation.

Le livre “Tout s’explique, coup de projecteur sur la relation parent- enfant ” d’Alexandra Tsaousis a été également été une révélation pour moi, pour passer à l’action et faire un travail sur moi, mes émotions, mon enfant intérieur et mes blessures intérieures. Bien évidemment, j’avais déjà entendu parler des neurones miroirs, des enfants qui sont de vraies éponges mais la lecture de ce livre est arrivé à un moment où je me suis sentie prête à vraiment faire bouger les choses de l’intérieur.

Il existe 5 grandes types de blessures intérieures :

  • le rejet
  • l’injustice
  • l’abandon
  • la trahison
  • l’humiliation

Alexandra propose des pistes concrètes pour guérir ou “gai-rir” comme elle l’écrit. Ca a été très facile pour moi de repérer la blessure qui ressort chez moi et que ma fille a également certainement.

Pour toi, ma fille, pour moi aussi (et surtout en fait), j’ai décidé d’écouter mon enfant intérieur, de faire la paix avec cette blessure et de vivre la vie qui est la mienne. Merci ma douce de me faire grandir, de me montrer le chemin … écoutons nos enfants (intérieurs).

 

Article écrit par Nathalie Moreno

L’auteur est intervenu de manière ponctuelle ou a souhaité conserver l’anonymat. Nous respectons son choix.