Peut-être êtes-vous surpris de la tournure interrogative du titre de cet article ? Peut-être êtes-vous persuadé qu’en temps que garant de la bonne éducation de votre progéniture il est de votre devoir de leur demander des excuses en cas de maladresse ou de « bêtises » ? Ou encore peut-être vous sentez-vous gênés du regard des autres parents lorsque vos enfants ne demandent pas pardon à un “congénère” qu’ils ont blessé ?

Pourtant, avoir cette attente vis-à-vis de jeunes enfants n’est pas forcément pertinent aux vues de leur développement.

Le jeune enfant, un être auto-centré qui NE peut PAS être poli de lui-même

La politesse est une convention sociale. Or les conventions sociales n’ont aucun sens intrinsèques. Elles diffèrent d’une culture à l’autre, ce qui prouve bien qu’elles sont le fruit d’un apprentissage.

Selon Maria Montessori, la période sensible du comportement sociable se situe entre 2,5 ans et 6 ans. C’est pendant cette période que l’enfant absorbera de lui-même les conventions du monde qui l’entoure.

Attendre de nos enfants qu’ils formulent spontanément des excuses avant d’en être arrivé à cette phase est donc illusoire.

Imposer à l’enfant de s’excuser ne fait pas sens

Cela ne signifie pas que c’est impossible, un enfant peut acquérir les mécanismes de la politesse avant, mais n’accèdera pas à l’essence de la politesse.

Vous pouvez certes par la répétition de votre demande obtenir de votre enfant qu’il s’excuse. Il apprendra à le faire de manière automatique ou pour vous faire plaisir ou encore pour éviter de se faire gronder. Mais pas par compassion pour l’enfant qu’il a blessé.

S’excuser sincèrement nécessite de ressentir de l’empathie pour l’autre, ce qui n’est possible qu’à partir de 4 ou 5 ans.

Les excuses imposées sont de peu de valeur

Vous pouvez vous sentir gênés vis-à-vis des autres parents quand votre enfant ne s’excuse pas. Pourtant, quelle serait  la valeur de ces excuses imposées pour le petit blessé ?

Quand mon aîné avait 18 mois environ, il s’est fait tapé violemment au visage par un autre petit garçon dans une aire de jeux. Le temps que l’autre maman et moi accourions, il avait reçu plusieurs coups. L’autre maman était très en colère et insistait auprès de son fils pour qu’il s’excuse.

Après plusieurs minutes de tergiversation, l’enfant a lâché un « pardon » qui a fait plaisir à sa mère et j’ai pu enfin m’extirper avec mon enfant.

Quant à mon fils, son seul besoin à ce moment était que je prenne VRAIMENT soin de lui.

L’enfant qui est blessé a besoin que l’on prenne sincèrement soin de lui que ce soit par des excuses, de l’attention, un calin… les excuses ne sont pas sa priorité, surtout s’il est jeune et que lui non plus n’a pas acquis les conventions sociales ! Et si votre enfant en a blessé un autre, rien ne vous empêche de vous excuser pour lui en attendant qu’il soit en mesure de le faire lui-même.

Et vous, comment réagissez-vous quand votre enfant en blesse un autre ?

Pour aller plus loin et trouver quelques pistes sur comment favoriser l’acquisition de la politesse et quelle réaction avoir en attendant, vous pouvez lire cet article.

Maman à temps plein de deux enfants de 4 ans et 19 mois, passionnée de pédagogie et de questions liés à la parentalité, je partage mes réflexions et trouvailles sur mon blog Parents, ça s’apprend !