Quand notre enfant se blesse et pleure, notre cœur de parent se serre de le voir souffrir. Que ce soit en l’étouffant de bisous et de mots doux ou en tentant de faire diversion, nous essayons par tous les moyens de sécher les larmes au plus vite. Et si, au contraire, nous laissions s’exprimer totalement la douleur et la peur ? Si, par notre façon de consoler nos enfants nous leur fournissions davantage d’outils vers l’autonomie ?

N’intervenez pas immédiatement

Mon élan spontanée quand un de mes fils se fait mal, c’est d’accourir pour le relever, le câliner, l’inspecter sous toutes les coutures. Pourtant, ce n’est pas forcément lui rendre service. En effet, aussi petits soient-ils, nos enfants ont d’énormes ressources. Avant de vous précipiter, laissez passer quelques secondes. Vous serez sans doute surpris de constater qu’un certain nombre de fois, votre enfant se relèvera de lui-même et repartira jouer comme si de rien n’était.

En ne faisant RIEN, vous lui aurez en fait offert un énorme cadeau en termes d’autonomie et de confiance en soi.

Accueillez les émotions

Si je me prends un gadin en public, voici la scène qui suit : je me relève l’air de rien, j’affiche un petit sourire du genre « mais non, les gars, tout va bien, je suis à peine tombée » … et je file pleurer dans les toilettes les plus proches. En effet, dans notre société, nous avons appris à mettre nos émotions sous couverts, en particulier celles perçues comme négatives (tristesse, colère, honte …). En tant que parent, on peut avoir du mal à vivre les expressions intenses des émotions de nos enfants (cris, pleurs…). Et du coup, tenter de les minimiser (« mais non, ce n’est rien, relève toi ! »), de faire diversion (« oh regarde, tu as vu la coccinelle ») voire de les ridiculiser (« ce sont les bébés qui pleurent ! »). Pourtant, les émotions ne demandent qu’une chose : être entendue !

Essayez la prochaine fois que votre enfant se blesse, ne dites rien (je vous assure que c’est plus difficile que ça en a l’air !) et soyez juste présent. Gardez une posture sereine et accueillez votre enfant de votre regard et éventuellement de vos bras. Vous observerez probablement qu’en quelques secondes les pleurs cesseront. L’émotion aura été accueillie, elle sera passée.

Nommez l’émotion

Nous adulte, savons qu’on ne meurt pas d’une égratignure au genou. Mais le cerveau archaïque de notre enfant -qui a tendance à prendre souvent les commandes – n’en n’est pas sûr du tout. La sensation nouvelle de la blessure peut donc provoquer de la douleur mais aussi de la peur. Le fait de nous voir serein aura donc grandement aidé notre enfant à se calmer. Si papa/maman est calme, c’est que ça va.

L’étape suivante, pour amener notre enfant vers l’autonomie, c’est de poser des mots sur les ressentis : « tu as mal parce que ton genou est égratigné, regarde ça saigne un peu ! Peut-être que tu as eu peur aussi ? ». A force de nous entendre nommer ce qu’il ressent, l’enfant enregistre une banque de données qui lui permettra dans des situations similaires de faire des parallèles et de se calmer par lui-même.

Et vous, comment accueillez-vous les larmes de vos enfants ?